Autisme : où en est la recherche ?

 

Actuellement, les différentes formes d’autisme, syndrome d’Asperger compris, sont regroupées sous un terme global qui concerne des atteintes plus ou moins sévères : les troubles du spectre autistique, ou TSA.

Les recherches récentes ont mis en évidence une origine essentiellement génétique de l’autisme. Depuis 2010, l’analyse des gènes est devenue performante et très précise. En 2018, 85 gènes ont déjà été repérés comme étant associés à l’autisme, tandis que 200 autres sont encore étudiés.

Ces gènes impliqués peuvent avoir des anomalies transmises par les parents ou par mutation au moment de la gestation. Soit un gène est manquant, soit il est dupliqué (en nombre supplémentaire) soit il est remplacé par un autre.

Les recherches ont montré qu’une mutation suffit très rarement pour que l’enfant soit autiste. Il faut plusieurs anomalies associées pour que les symptômes autistiques apparaissent.

La génétique entrerait pour 80 % dans la causalité de l’autisme. 20 % seraient donc imputables à l’environnement et notamment à l’exposition aux substances toxiques : pollution atmosphérique, vaccin, tabagisme de la femme enceinte, pesticides, alimentation… Ces substances qui sont des perturbateurs endocriniens, peuvent perturber le fonctionnement des hormones thyroïdiennes durant la gestation, ces hormones étant essentielles au développement du cerveau. Or, des études ont révélé que plusieurs perturbateurs endocriniens sont présents dans le liquide amniotique.

Cette exposition aux substances toxiques interviendrait de deux façons : en augmentant les risques de mutation génétique durant la gestation et en augmentant le risque que les gènes défectueux s’expriment (épigénétique : l’environnement modifie l’expression des gènes en changeant la structure de l’ADN).

Les gènes incriminés sont ceux des liaisons entre les neurones. En effet, ce sont les synapses qui sont défectueuses dans l’autisme : elles ne permettent pas une bonne transmission des informations au sein du système nerveux.

Pour bien comprendre : les informations circulent, au sein du cerveau et du système nerveux, en « passant » d’une cellule nerveuse à l’autre, ces cellules étant appelées « neurones ». Pour que l’information puisse passer d’un neurone à l’autre, il faut « ouvrir » des portes et, pour cela, avoir la « clé » adaptée. Ces « clés » sont appelées « neurotransmetteurs » ou « neuromédiateurs ». Selon l’information qui doit circuler, il faut utiliser un certain neuromédiateur parmi la sérotonine, la dopamine, l’acétylcholine, l’adrénaline, la noradrénaline, le glutamate… Le passage d’un neurone à l’autre se fait à un point de contact appelé « synapse ».

Les recherches sur l’autisme ont montré que les gènes en cause sont ceux qui codent les molécules des récepteurs du glutamate, un neurotransmetteur excitateur. Sont aussi impliquées certaines protéines qui doivent assurer une bonne liaison entre les neurones au niveau de la synapse.

D’autres études avec imagerie médicale ont mis en évidence des différences de taille ou de structure de certaines zones du cerveau des autistes, ce qui pourrait expliquer des difficultés comportementales, cognitives ou sensorielles.

Les études sur le cerveau des autistes sont réalisées lorsque ceux-ci sont en interaction. Des pistes commencent à émerger, qui ne demandent qu’à être confirmées, notamment au niveau des ondes cérébrales qui sont différentes chez les personnes autistes, ainsi que les neurones miroir (qui nous permettent de comprendre les actions des autres et de les imiter).

 

Pour approfondir le sujet :

Le magazine « Cerveau & Psycho » numéro 105, paru en décembre 2018.

Le livre de Temple Grandin, autiste de haut niveau américaine, paru en mai 2014 : « Dans le cerveau des autistes » : http://www.amazon.fr/dp/2738130879/ref=nosim?tag=cg03c-21

 

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