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Les TCC, Thérapies Cognitives et Comportementales

 

C’est une forme de prise en charge thérapeutique particulièrement adaptée pour venir à bout des pathologies psychologiques liées à l’angoisse : les troubles anxieux, les TOC, les phobies, les troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie…). Des études ont démontré l’efficacité de ces thérapies par rapport aux autres formes de psychothérapies.

C’est une forme de thérapie brève qui dure rarement plus de dix à vingt séances. Elle s’attaque à un symptôme, mais ne traite pas le problème de fond. Elle ne dispense pas d’une autre prise en charge plus classique pour rechercher pourquoi la personne est aussi angoissée, déprimée, mal dans sa peau… De même, si l'angoisse est consécutive à un traumatisme (viol, attentat, accident, humiliations répétées...), l'EMDR sera plus indiquée. Voir article ici : L'EMDR.

Les thérapies cognitives et comportementales commencent généralement par un bilan des souffrances, des troubles, des symptomes et des pensées parasites ("Je n’y arriverai jamais", "Je suis bête", "C’est de ma faute"…) qui empoisonnent le patient, grâce à des entretiens et des questionnaires (pensées parasites, dépression, anxiété…).

Selon la problématique du patient, le thérapeute traitera plutôt :

* Les pensées qui empêchent de réussir et d’aller mieux. C'est ce qui correspond au premier C de TCC : "cognitives".

* Les comportements pathologiques tels que les TOC, les phobies, les angoisses…, grâce à l’exposition graduelle. C'est le deuxième C de TCC : "comportementales".

L’exposition graduelle est la méthode utilisée pour faire cesser les comportements gênants : les angoisses, les crises de panique, les TOC, les phobies… Elle consiste à apprendre au cerveau limbique, celui qui est dédié à l’instinct de survie, à ne plus considérer comme dangereuses des situations ordinaires. Le principe de base, c’est que plus on évite une situation d'angoisse, plus elle devient angoissante. C'est un cercle vicieux. Au contraire, pour faire diminuer une angoisse, il faut se confronter à ce qui la déclenche.

La peur est un mécanisme normal qui permet d’assurer la survie. Une zone du cerveau, au niveau de l’amygdale, veille en permanence aux stimuli qui pourraient indiquer un danger. Quand un danger est détecté, le cerveau envoie un message de peur pour prévenir le moi conscient qu’il y a un danger et il prépare le corps à l’action grâce à l’hyperventilation et à l’augmentation du rythme cardiaque. Avec la respiration plus rapide et le cœur qui bat plus vite pour faire circuler plus vite l’oxygène dans tous les membres, le corps est mieux armé pour fuir ou combattre (réaction de survie). Cela explique que lorsque l’on est angoissé, on sent notre cœur battre plus vite et on suffoque. L’hyperventilation, la respiration trop rapide, peut entraîner la sensation d’étouffer quand on ne passe pas à l’action. En effet, dans nos vies modernes, il est rare que la peur soit suivie d’une réaction physique de survie. Celui qui est angoissé ne part pas en courant. Il n'utilise pas l'excès d'oxygène, ce qui le conduit à la sensation d'étouffement.

Parfois, la zone de vigilance « se trompe » et repère comme dangereuses des situations anodines et sans danger. Logiquement, la personne aura tendance à éviter ce qui lui fait peur, c’est-à-dire ce que son cerveau repère comme étant dangereux (même par erreur). Or, le fait d’éviter ce qui fait peur envoie un signal au cerveau et lui dit : « Tu as raison, c’est dangereux, la preuve, je l’évite ». Ainsi, ce qui est perçu comme dangereux par erreur est confirmé comme étant réellement dangereux. C’est pourquoi plus on évite ce qui fait peur, plus on en a peur.

Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut démontrer au cerveau que la situation anxiogène n’est pas du tout dangereuse. Pour cela, il faut le mettre devant l’évidence : si le patient n’évite pas ce qui lui fait peur et que, malgré cela, il reste en vie, cela prouve qu’il n’y a finalement pas de danger et qu’il faut stopper cette réaction erronée d’évitement et d’angoisse.

Pour que le patient réussisse à se confronter à ce qui lui fait peur (une araignée dans le cas d’une phobie, les microbes pour celui qui a un TOC de lavage des mains, l’alimentation pour les personnes anorexiques…), il faut tout d’abord que le thérapeute lui apprenne à contrôler son angoisse par des méthodes de relaxation et de respiration. La respiration rapide est associée, par le cerveau, à un danger. Au contraire, la respiration lente est le signe qu’il n’y a aucun risque. Le cerveau comprend cela : respiration rapide = danger / respiration lente = absence de danger. C’est pourquoi il est très important de respirer très doucement pour faire baisser l’angoisse, car cela envoie au cerveau le signal qu’il n’y a pas de danger.

Quand le patient réussit à diminuer son angoisse, le thérapeute lui donne des « exercices » où il devra se confronter (s’exposer) à ce qui lui fait peur.

Par exemple, un patient souffre d’une phobie des chiens qui le pénalise beaucoup dès qu’il sort de chez lui.

Après avoir appris à faire baisser l’angoisse et s’être suffisamment entraîné, le patient devra penser à un chien, puis faire baisser l’angoisse qu’il sentira inévitablement monter à l’occasion de cette pensée.

Quand il parviendra à faire baisser rapidement l’angoisse à cette évocation, le thérapeute lui donnera un exercice plus difficile : par exemple, s’imaginer, en pensée toujours, s’approcher d’un chien et le toucher. Quand ce deuxième exercice un peu plus difficile sera réussi également, le patient devra regarder une vidéo d’un chien, puis s’approcher d’un chien dans la rue, puis le toucher…

C’est ce qui est appelé « exposition graduelle ». Petit à petit, toutes ces expositions montrent au cerveau qu’il n’y a pas de danger. La preuve : le patient a pensé à un chien et n’en est pas mort. Puis, il s’est approché d’un chien et il ne lui est rien arrivé. Le cerveau finit par en conclure que penser, s’approcher, toucher un chien n’est pas dangereux. Même si certains chiens peuvent l’être, le patient réussira, comme tout le monde, à ne pas avoir peur de tous le chiens et à relativiser, à ne pas se sentir en danger face à tous les chiens. Il sera débarrassé de sa phobie des chiens.

Pour trouver un thérapeute TCC, on peut, par exemple, consulter l'annuaire des praticiens membres de l'association AFTCC : Cliquer ICI.

  

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