Le SDNV

 

Le SDNV, syndrome de dysfonctions non-verbales est un ensemble de symptômes et de signes liés à un dysfonctionnement ou une immaturité de l’hémisphère droit, d’origine congénitale ou traumatique. C’est un trouble des apprentissages, d’origine neurologique. Il concernerait 1 % des enfants.

L’hémisphère droit est impliqué dans la perception visuelle (discriminer les éléments d’une scène visuelle et les interpréter), le traitement visuo-spatial (se repérer dans l’espace), la coordination visuo-motrice (voir et faire), le traitement simultané (comprendre et mémoriser les informations de façon globale, synthétique), l’intuition, la créativité et la motricité de la partie gauche du corps.

Un dysfonctionnement de cet hémisphère, que ce soit dans le cadre du SDNV ou d’un accident (AVC, traumatisme crânien) entraîne, de façon plus ou moins sévère :

* Un trouble du traitement visuo-spatial qui se manifeste par des difficultés à décoder correctement une scène visuelle, à discriminer tous les détails, à se repérer dans l’espace et le temps. L’enfant souffrant du SDNV peine à visualiser, à se créer des images mentales. L’attention et la mémoire visuelles sont faibles également. Dans le test de QI, les compétences verbales (ICV, Indice de Compréhension verbale) sont très nettement supérieures aux compétences non-verbales (IRP, Indice de Raisonnement Perceptif). L’épreuve visuo-constructive « Cubes » est très échouée.

* A l’école, des difficultés en mathématiques, en géométrie et en géographie, mais aussi en sport et arts plastiques.

* Des difficultés relationnelles induites par une mauvaise perception sociale (mauvaise connaissance et compréhension des conventions sociales) et par une agnosie : les messages non-verbaux ne sont pas compris, la gestuelle, les expressions du visage et les mimiques ne sont pas reconnues. L’enfant n’utilise pas la communication non-verbale pour ajuster son comportement. Il ne voit pas quand il gène, se montre parfois envahissant, ce qui entraîne agressivité et rejet à son égard. Au bout d’un moment, l’enfant, auparavant plutôt extraverti, se replie sur lui-même et s’isole.

* Assez souvent une dysgraphie. La maladresse en motricité fine s’exprime davantage sur la main gauche. Une raideur motrice de la partie gauche du corps est possible.

* Les fonctions exécutives sont faibles. L’enfant réussit difficilement les tâches qui requièrent de s’organiser, de planifier, de passer par plusieurs étapes pour résoudre un problème. Le manque de flexibilité gêne le réinvestissement des connaissances lorsque l’exercice ou le contexte est un peu différent.

* La compréhension de l’implicite est altérée. Lire entre les lignes, saisir le sens des expressions au sens figuré ou des messages incomplets suppose de faire des liens entre les informations explicites pour en déduire ce qui n’est pas écrit, ou dit. Les dysfonctionnements de l’hémisphère droit compromettent cette compétence.

* L’enfant ne peut pas apprendre par imitation, en regardant faire les autres et en comprenant spontanément la relation de cause à effet (par exemple, tourner un bouton pour allumer l’éclairage), il faut le lui expliquer verbalement.

* La pragmatique du langage peut être atteinte : messages confus, désorganisés, qui ont peu de sens.

* Parfois, des déficits de la perception tactile, surtout du côté gauche du corps.

Si vous êtes concernés par ce trouble, vous pouvez rejoindre un groupe de parole sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/SDNV/311278818995009?fref=ts

ou https://www.facebook.com/groups/1426688867597266/

 

Et si c'était autre chose ?

 

Le diagnostic de SDNV est rare en France. Il est plus courant au Canada. Il reste toutefois peu utilisé. Il n’est d’ailleurs consigné dans aucune nomenclature internationale. Le SDNV a été décrit en 1968 par Johnson et Myklebust puis étudié par Rourke en 1982. Il est parfois appelé « Syndrome de Rourke ».

Il peut être confondu avec la dyspraxie ou le syndrome d’Asperger. Certains psychologues pensent qu’il est une forme particulière de dyspraxie ou d’autisme.

 

SDNV ou dyspraxie ?

 

C’est un trouble de la programmation motrice et de l’exécution et l’automatisation des gestes. La dyspraxie a en commun avec le SDNV la maladresse, les troubles de la coordination et les difficultés en motricité fine et en écriture. Si la dyspraxie est visuo-spatiale, la symptomatologie se rapproche encore plus du SDNV : aux troubles moteurs s’ajoutent les difficultés de repérage visuo-spatiaux.

On peut rencontrer également chez certains enfants dyspraxiques, des conduites mal adaptées : enfants envahissants, qui ne respectent pas la distance relationnelle, touchent trop les autres enfants.

Il y a pourtant des différences fondamentales entre la dyspraxie et le SDNV : l’enfant dyspraxique fait des liens, peut utiliser son traitement simultané. Son hémisphère droit n’est pas atteint. Il est intuitif, comprend le langage non-verbal, reconnaît les expressions du visage. Il ne souffre pas forcément de troubles exécutifs ou attentionnels.

 

SDNV ou syndrome d'Asperger ?

 

C’est un trouble du spectre autistique qui atteint la communication, la perception, le décodage de l’information et les centres d’intérêts.

Les points communs avec le SDNV sont nombreux :

* L’hémisphère droit est dysfonctionnel.

* L’agnosie des visages et des expressions est massive, ainsi que le manque de compréhension du langage non-verbal.

* Le traitement de l’information est essentiellement séquentiel, une chose après l’autre, sans que des liens puissent être faits. La synthèse n’est pas possible, ce qui explique l’agnosie des visages, car pour reconnaître un visage, il faut en faire la synthèse, tout appréhender en même temps.

* Les fonctions exécutives et attentionnelles sont faibles.

* L’élève est lent et fatigable.

* Les troubles de la relation sociale sont prégnants.

Mais les différences sont franches :

* L’hémisphère droit est impliqué, mais tous les troubles ne lui sont pas imputables. D’autres zones cérébrales sont atteintes.

* Dans le SDNV, le langage est privilégié. Dans le syndrome d’Asperger, comme dans la plupart des troubles du spectre autistique, la pensée est visuelle. Les troubles visuels ne font pas partie du syndrome d’Asperger. Au contraire, les autistes pensent en images. Certains Asperger deviennent architectes, dessinateurs industriels. Ces métiers sont impossibles en cas de SDNV.

* Les détails visuels sont bien perçus et la mémoire visuelle est bonne, voire excellente.

* La maladresse motrice est généralement assez légère.

* Les mathématiques ne sont pas un problème. Les enfants Asperger ou autistes de haut niveau peuvent être excellents en mathématiques, car c’est une matière rassurante, sans imprévu, où il suffit d’appliquer des règles.

* L’enfant Asperger a des centres d’intérêts très limités : un ou deux sujets qu’il veut connaître de façon obsessionnelle. Ces sujets peuvent être surprenants, comme les horaires de bus, le nombre d’habitants des communes de France…

* L’enfant Asperger est toujours introverti. Il souhaiterait avoir des relations amicales, mais ne sait pas comment s’y prendre. Il recherche peu le contact avec ses pairs, par peur et par sentiment d’incompétence sociale essentiellement. Au contraire, l’enfant qui souffre d’un SDNV s’éloigne de ses camarades consécutivement à leurs réactions de rejet ou leurs critiques quant à son comportement inadapté. Il peut, étant jeune, être sociable et extraverti.

* Les troubles de la relation sociale sont généralisés chez les Asperger alors qu’ils sont dépendants du contexte dans le cas du SDNV : avec un groupe, l’enfant peut être introverti alors qu’il sera très à l’aise et bavard avec d’autres personnes dont il ne craint pas les réactions.

* L’enfant qui a un SDNV a du mal à exprimer ses émotions et à comprendre celles des autres quand elles sont exprimées de manière non-verbale, mais il reconnaît les siennes. L’enfant Asperger ne connait pas ou ne comprend pas bien ses propres émotions.

* L’enfant Asperger peut présenter des signes autistiques non présents dans le SDNV : stéréotypies, gestes répétitifs des mains ou des bras, pour se créer une bulle protectrice en cas de sur-stimulation sensorielle.

* Les déficits tactiles du SDNV ne se retrouvent pas chez les Asperger qui présentent plutôt une hypersensibilité tactile.

Certains enfants peuvent toutefois présenter un tableau complexe, où certains troubles sont masqués en partie par des phénomènes de compensation, surtout en cas de précocité intellectuelle associée.

 

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